Arbres
Malheureusement les choix des arbres qui ont été plantés ne
se sont pas avérés très judicieux pour deux raisons.
La première, c’est d’avoir négligé les
contraintes du sol car, s’il est globalement d’une bonne richesse, il est aussi
souvent mal drainé, ce qui ne convient ni aux érables, ni au chêne rouge, ni au
pin Laricio, ni au Douglas !
La seconde raison tient au fait que le
merisier ne supporte pas la monoculture et bien peu d’entre eux ont survécu à
l’épreuve qu’on leur a imposée.
Ajoutons enfin que les origines génétiques
des plants utilisés, comme c’était encore le cas à l’époque, étaient souvent
désastreuses, donnant d’innombrables arbres branchus ou fourchus sans qu’aucun
travail de taille ou d’élagage n’ait été entrepris pour tenter de corriger une
partie de ces défauts aujourd’hui irrécupérables.
Fort heureusement, la nature s’est
substituée en partie aux erreurs et aux défaillances humaines, permettant aux
graines d’essences autochtones mieux adaptées au contexte de s’installer dans
les zones où les plantations ont mal réussi. La nature y a repris ses droits de
façon intelligente, disséminant partout où il y avait du vide frênes, chênes
pédonculés, ormes et érables champêtres, saules roux et ifs. Les plus beaux
arbres du peuplement sont bien souvent des sujets issus de cette
dynamique naturelle.
Notre tâche en tant que gardiens de cette forêt est maintenant de
le gérer au mieux en pratiquant les nécessaires éclaircis. Chacune d’elles aura
pour but de favoriser le développement des « champions » repérés,
qu’il s’agisse des essences introduites artificiellement les mieux conformées
ou bien des plus beaux sujets issus de la colonisation naturelle. Le but est d’obtenir à terme une futaie irrégulière,
c’est-à-dire, un bois plus naturel que la plantation d’origine.
